Une note blanche

Une note blanche au fil de mes découvertes. Une façon de noter noir sur blanc mes coups de coeur. De la déco, du design, de l'art ... et un tas de futilités !

18.02.10

Déjà dans la nef

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Dans la foulée des expos, nous dînons face à Beaubourg, en 25 mn chrono, un couscous plutôt moyen (semoule "humide", légumes plus que tièdes, jus fade, harissa sauve moi tout ça, et un tajine pruneaux-amandes-cannelle assez divin).

Le ventre rempli, nous filons au Grand Palais voir l'expo Personnes de Boltanski.

21H15 pile avant la fermeture de la caisse  (4 € l'entrée). Fermeture du site à 22H. L'heure idéale (d'après moi) pour apprécier l'installation.

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Il fait nuit, il n'y a pas de chauffage, le Grand Palais devient l'immense palais. L'absence, le vide comblent les 13 000 m². Un mur de boîtes métalliques rouillées nous fait obstacle. L'ouïe perçoit le bruit stridant des violons, de l'accordéon, de la chorale. De l'autre côté du mur, nous voyons enfin l'installation.

Tout y est conforme comme dans les articles consacrés à l'expo. Rigueur des rectangles au sol, les fripes sont étalées. Dans les allées, inutile de perdre du temps à regarder les fripes, leurs couleurs, qu'importe. L'effet d'accumulation l'emporte sur le détail.

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La musique s'arrête. La foule applaudit. Oui, la foule. Mais malgré le nombre impressionnant de visiteurs, le Grand Palais semble vide. Le silence reprend son droit. Les gens ne bronchent pas. Quelques enfants s'amusent naïvement à courir dans les allées, c'est beau la candeur !

La pyramide de vêtements nous fait front, nous sommes si petits, si vulnérables, ridicules mortels.

Les néons s'allument au-dessus de chaque rectangles de fripes. Un bruit lourd et assourdissant prend le relais, comme un souffle, imagination de l'esprit, je perçois des bruits de chemins de fer (je ne saurais jamais si mon inconscient m'a joué un tour, pour vous dire la force de l'émotion !).

La grue a laissé les musiciens officier. Elle reprend son activité. Le câble de la pince descend lentement mais surement, la pince vient agripper quelques étoffes, se relève, manque de peu de les soulever, la pince doit s'y reprendre à plusieurs fois. Tant pis, quel que soit le nombre d'essais, elle parvient toujours à finaliser sa tâche. Les vêtements sont dans ses griffes, elle peut alors remonter et les lâcher avec encore plus de plaisir. La chute est impressionnante. Les tissus volent et s'écrasent sur la pyramide. La pince renouvelle l'opération sans relâche ... une vraie machine bien rodée.

A petits pas, dans le froid, et le silence du public, nous sortons ... bien contents de souffler, de nous embrasser et vite changer d'air !

L'expérience n'est pas si remuante, mais perturbante sur ces bruits de fond qui brouillent les pistes de l'inconscient.

Le public aime se faire photographier devant la pyramide de vêtements. Chacun son délire. Je respecte, mais je ne partage pas ce plaisir.

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Posté par Heidi_13 à 18:00 - Peinture fraîche - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    très intéressante, la façon dont tu as vécu cette expo! on ressent bien l'espèce de malaise que tu as ressenti... mais ça ne me donne pas envie de tenter l'expérience parce que là, j'ai besoin de douceur, de chaleur... alors je vais passer mon tour!

    Posté par L'épice, 18.02.10 à 23:06
  • Je passe mon tour aussi... de loin et à travers les médias l'atmosphère était déjà pesante, ton récit confirme avec brio ce que l'auteur à voulu transmettre.Il aura réussi !

    Posté par peau d'Anne, 19.02.10 à 09:02

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