07.06.11
Bonheur, insouciance et fantaisie
Nous avons profité du week-end de la fête des mères pour nous aventurer une dernière fois à deux aux jardins d'Albertas à Bouc Bel Air.
Une édition quelque peu décevante. Tarif réduit revu à la hausse (avec la carte Botanic), moins de petits brouettistes, peu de surprises parmi les stands, moins de stands, moins de statues, un menu traiteur (mouais) à 22 €.
Il y avait tout de même des choses en plus : des toilettes sèches, des transats libres.
Le comble dans cette sortie ? finir la balade en allant dans la serre de Truffaut. Parfois l'herbe est plus verte ailleurs.
Voir ici et là, l'édition 2010.
PS : titre du billet emprunté à Louis Chedid.

04.06.11
Le tourbillon vert
Spirale végétale - 2011 - Franck Colin / Didier Depannemacker / Christophe Amaro / Grégory Secchi / Gilles Collasanto / Arthur Francheschini / Serge Chiaverini / Gilles Moscatelli / Luc Vinai
Saule (osier vivant), rameaux âgés de trois ans, hauteur de 2 mètres
Festival Arts éphémères
Ce week-end ont lieu les journées "rendez-vous au jardin", une 9ème édition qui met à l'honneur les jardins nourriciers.
L'occasion de s'octroyer une échappée verte, de re-découvrir les jardins ouvriers (tant convoités, les listes d'attente sont déprimantes), de visiter des jardins privés, de profiter d'un guide ... attention à ne pas vous faire avoir, certains accès sont payants (même tarif que le reste de l'année, autant ne pas y aller ce week-end).
Je vous mets en garde, l'appel du jardin c'est contagieux, on foule la terre et ce sont les mains qui verdissent en un rien de temps. Cultivons nos jardins ;-)

16.05.11
Fleur parmi les fleurs
L'insolente blancheur de l'hortensia
Chaque année c'est la même chanson ! des passages au marché aux fleurs, dans les jardineries et la désillusion fait son apparition.
Nous sommes conscients que les mètres carrés nous sont comptés, qu'il faut savoir regarder et se dire "ce n'est pas pour nous". Frustration complète du Mec qui se verrait bien avoir un potager, un verger, un bassin, une piscine, un parterre de fleurs, un barbecue, une terrasse ... de mon côté je suis plus raisonnable. Si, ça arrive que je ne fasse pas de caprice !
Le feu d'artifice de l'euphorbia diamond frost (très bon investissement, ça résiste !)
Je lui rappelle qu'en bons citadins plumés nous sommes contraints à renoncer à tous ces bonheurs (qui doivent être de sacrées corvées quand on y réfléchit bien).
L'enivrant parfum du citronnier
Nous repartons généralement avec quelques godets en sachant pertinemment qu'à notre retour, il va falloir jouer à Tétris pour les caser parmi les autres plantes. Et elles justement, vous le croyez qu'aucune ne se sacrifie pour mourir et laisser la vedette à d'autres ! bandes d'égoïstes ! (particulièrement le citronnier qui fait semblant d'agoniser et qui repart de plus belle quand il sent qu'on va lui faire sa fête !)
En attendant dans quelques semaines, c'est une autre fleur qui va leur piquer le premier rôle. Et elle sera chérie comme pas permis.
Et vous, les fleurs un peu, beaucoup, passionément, à la folie, pas du tout (ciel ça existe les gens qui n'aiment pas les fleurs o_O ?) ?
A noter, les prochaines journées des plantes aux jardins d'Albertas, le week-end de la fête des mères, hu hu, on va encore craquer ! (un coup d'oeil à l'édition de l'an passé ici et là)

02.11.10
A suivre
Nature humaine 1 - L'arbre à loques
Béatrice Saurel, artiste-paysagiste et Michel Racine, architecte-paysagiste
En interprétant les arbres à loques, véritables "arbres de santé", nous poursuivons cette année la métamorphose du bois dont nous avions révélé le paysage, l'an dernier, par un bosquet d'arbres rouges ou cOlOrès évoquant un bois sacré.
Au fond du petit cratère, probablement un trou de bombe, des troncs habillés de loques sont investis comme un corps humain.
L'accident devient paysage et le bois habitat. Echo de pratiques devant lesquelles nous passons sans les voir, le bosquet se peuple de questions. Voila que bois prendrait corps ? Voila que bois prendrait âme ?
Béatrice Saurel poursuit depuis quelques années la réalisation d'une oeuvre fondée sur le concept de Nature humaine, une recherche plastique sur le positionnement de l'homme dans le paysage.
Avec un oeil d'artiste, elle revisite ici la pratique des arbres à loques. Héritage de la culture celtique et des peuples de la forêt ? La tradition de ce recours à la vitalité de l'arbre pour soigner se perpétue aujourd'hui en Europe - à côté de la médecine moderne. Certains arbres, certains bois sont investis du pouvoir de guérir. On fait porter à l'arbre un vêtement que le malade a porté. Sur les branches de l'arbre à loques, chaque noeud est un cri : le son du corps, tandis que plis et replis, drapés soulevés par le vent nous parlent d'espoirs de voir le bois emporter le mal, "prendre ta douleur".
Cette parenthèse aux jardins "Corps et âmes" s'achève, c'était ma façon d'aborder les vacances de la Toussaint. Rendez-vous pris à Chaumont sur Loire pour l'édition 2011.

01.11.10
Un ordre, désordres
"Le chemin et la contrainte"
Dans la galerie du Fenil, Bob Verschueren reprend le rythme régulier des mangeoires. Branche après branche, il agence un passage digne "d'une allée à travers champ, à travers bois". Son fil conducteur matérialisé par le tri s'adapte aux caractéristiques du lieu. Cette minutieuse sélection de branches, trouvant naturellement leur place dans la contrainte architecturale, conduit à une apparente opposition, entre ordre et désordre.
"Le contexte géographique ou historique sont autant d'éléments qui nourrissent le début d'un travail, dans la recherche de liens forts entre l'installation et le lieu."
"L'enjeu"
A travers cette installation Bob Verschueren décrit sa démarche dans une approche pédagogique. Reprenant son principe de sélection au fil des casiers, il explore la branche. Il lui donne une signification, une forme imprévisible, qui paradoxalement s'établit selon une rigoureuse ligne de conduite.
"Dans la grande majorité des cas, les matériaux utilisés sont de l'ordre du déchet. Le passage du statut de "nature" à celui "d'ordure" est un des points centraux de ma réflexion."
Pour rappel, l'an passé la galerie du Fenil était investie par Daniel Walvarens.

31.10.10
Un petit secret
Emmanuel de BUZONNIERE, designer, Kevin BOUCHARD, Hervé BOURDILLAT, Lucie GUYOT, Mel CHARTRAIN, Mike GAUJOUX - et Claire MICHAUD, France
"Ce jardin invente un lieu où puiser dans les éléments naturels un refuge pour ses peines, ses maux, ses espoirs ou encore ses secrets. Il permet d'accueillir une part de nous même par un geste symbolique qui délivre ou soulage. Il s'inspire de rituels ancestraux que l'on peut rassembler sous le terme « arbre à prières ».
Présents dans de nombreuses cultures, ils ont le pouvoir d'absorber un mal ou de fixer un espoir : en Asie, le cerisier accueille les vœux de réussite, de santé, de bonheur et de prospérité pour les proches. Dans le chamanisme, l'arbre conduit les prières jusqu'aux esprits. En Europe, on accrochait jadis un chiffon, substitut de l'organe souffrant, à « l'arbre à clous » (ou « à loques ») en vue d'une guérison. Dans ce jardin, le public est invité à accomplir lui-même le rituel.
A l'entrée du jardin, les visiteurs pourront ainsi choisir un ruban de tissu dont la couleur représente soit le corps, soit l'âme. A l'intérieur, les visiteurs découvriront une structure de cannes de bambous sur laquelle des « prières » auront été nouées par les personnes qui les auront précédés. A leur tour, ils pourront alors accrocher leur morceau d'étoffe et formuler leur vœu.
L'espace du rituel sera isolé du reste du site par un écrin de verdure. La palette végétale mettra en valeur les feuillages avec des nuances de verts et de transparence des textures.
Les plantes grimpantes viendront petit à petit habiter la structure de bambous et l'arbre prendra vie."
Evidemment j'ai sorti mon stylo à bille pour laisser un voeu sur l'un de ces rubans, je vous dirais s'il se réalise. Peut-être serez-vous tentés d'improviser un arbre à prières chez vous ;-)

30.10.10
La petite graine
Didier COURANT, architecte-urbaniste, Phillip ROBERT, plasticien, vidéaste, Gilles PUJOL, ingénieur des villes, Ronan SENE, paysagiste DPLG et Yann BRUNEAU, urbaniste-environnementaliste, France
"Embarrassés, nous expliquons aux enfants qu'ils naissent dans des roses ou des choux suivant qu'ils sont filles ou garçons. C'est au jardin qu'ils accèdent au secret de la vie. Ils y observent les végétaux et les insectes et découvrent ainsi rapidement, il faut bien l'avouer, le pot aux roses.
En grandissant, d'aventure en aventure, ils découvrent que les vérités se succèdent les unes aux autres, qu'elles se complètent aussi et bâtissent nos intimes convictions. Parfois une intuition apparaît au cœur de nos cartésiennes certitudes et suffit pour tout remettre en question, de notre conception de l'Univers jusqu'aux volées de flèches de Cupidon.
Dans ces conditions, même notre perception de l'Espace et du Temps n'est plus la même. En quête d'autres vérités, nous nous jetons corps et âme dans l'aventure avec un nouveau goût dans la bouche, enivré d'un parfum unique, et rassasié d'un rêve obsessionnel... Dans la passion, le corps obéit au doigt et à l'œil. Il s'embarque et largue les amarres que la conscience jusque là retenait."
Alors les roses, les choux, la cigogne, la petite graine ... vous avez-eu droit à quelle version vous ?

29.10.10
Magique
Christophe MARCHALOT, architecte DPLG et Félicia FORTUNA, auteur et plasticienne, France
« Tillandsia usneoides », une plante sans début ni fin, légère et libre de racines, intouchable dans sa boîte de verre. En transparence, elle vous laisse voir ses chevelures d'argent, cheveux surnaturels, cheveux d'anges, prolongements de l'âme flottant sur une profondeur inconnue, eau et ciel, lumière et miroir aux multiples reflets.
Les corps sont invités à s'imaginer dans les chaises du repos sorties de l'eau comme les nymphéas, une constellation en blanc et rouge qui gravite autour du mystère de l'âme comme un manège qui lentement s'est arrêté, le temps de la contemplation, le temps d'un jardin.
Les nymphéas vus comme ça, j'en oublie tout le battage médiatique (et horribles objets dérivés) de l'expo Monet. Et vous, ça vous plaît ?

28.10.10
Ca gazouille !
Rosalie ZEILE et Amalia BESADA, paysagistes, Allemagne
« Ecouter » et « contempler » sont les maîtres mots de ce jardin. Il accorde une large place aux oiseaux dont la présence permet de soigner le corps de l'homme et d'apaiser l'âme.
Le jardin est composé de deux ambiances différentes.
La partie centrale est composée d'un parterre planté de nichoirs. Les visiteurs peuvent écouter le gazouillement de chaque espèce, lire le nom des oiseaux et apprendre à les reconnaître selon les figures de bois découpées sur les toits.
Chaque allée bordant la pièce centrale donne sur des parterres plantés de graminées qui offrent la possibilité de se retirer et de méditer. Les curieux plongent dans la forêt de vivaces et atteignent un lieu de silence. Ils peuvent alors grimper sur une chaise d'arbitre et regarder l'environnement avec hauteur. A deux mètres du sol, ils peuvent contempler l'animation au milieu du jardin : les visiteurs, les oiseaux, les papillons et les fleurs. Ici, c'est le moment de relaxer corps et âme.
Quelques mois plus tard, c'est derrière ma baie vitrée que je contemple les mésanges qui viennent piocher dans la mangeoire quelques graines de tournesol pour affronter le froid : un rendez-vous privilégié que nous entretenons tout l'hiver.

27.10.10
Brave Vilain
Le vilain petit jardin de Jean-Michel Vilain
Arno DENIS, scénographe, Pauline ROBILIARD et Xavier COQUELET, paysagistes DPLG, France
"Les concepteurs de ce jardin ont choisi de prendre le contre-pied du bien-être et des plantes bienfaisantes que l'on attribue au jardin. Ils nous proposent une rencontre avec « l'âme » d'un personnage imaginaire, Monsieur Vilain, à travers « le corps » de son jardin.
Tout n'est pas rose pour Monsieur Vilain. Il est d'ailleurs souvent d'une humeur massacrante. Il passe par des moments de nostalgie, mais aime aussi parfois être farceur et jouer avec les mots. Ses états d'âme transpirent inévitablement dans son jardin qui traduit admirablement des expressions comme : « Tu me cours sur le haricot» «Il ne faut pas pousser mémé dans les orties», « Avoir des soucis », « raconter des salades », « c'est pas tes oignons ».
Dans un souci pédagogique et attractif pour un large public, le jardin démontre à travers cet imaginaire, que tout ce qui peut sembler mauvais, sale, ou encore trop odorant (comme le compost, les tas de fumier ou les tuiles concassées) peut être un support idéal pour accueillir du végétal.
Monsieur Vilain a volontairement voulu cultiver les vilaines plantes de nos jardins pour leur redonner une âme. Il s'applique à guider sur support ses liserons (convolvulus). Il collectionne les mauvaises herbes, installe un banc de fortune dans les ronciers de son jardin (c'est un farceur).
Le corps humain digère, c'est un cycle naturel. Le « corps » du jardin produit le même cycle. Si Monsieur Vilain jardine avec le « corps » de son jardin, c'est pour lui donner une « âme ».
Ce jardin propose une promenade qui fera vivre « corps et âme », l'humour, les taquineries et les humeurs changeantes de Monsieur Vilain.
M. Vilain a fait une sélection de plantes farceuses et odorantes qui piquent, qui grattent, qui sollicitent notre corps et rendent au jardin toute son âme."
Un jardin de "vieux garçon" truffé d'humour et j'ai gardé les meilleures citations d'enfants pour la fin : "les abeilles ça sert à reprostituer les fraises !!", "dans le potager, il y a ... des tomates, des carottes et du per... père Noël" , "papy ... tu sais ce que mangent les coccinelles ? des pucelles".







































