23.05.12
Une fois de plus
Une fois n'est pas coutume, je suis maï en retard avec mon rendez-vous du dico 51 (un mot de retard que je me traîne).
Et c'est maï la même excuse que la dernière fois : le défaut de photos. Pas fastoche d'illustrer notre "encore" marseillais. Cet adverbe local se prononce "maille" et soit votre interlocuteur le bannit soit il lui sert à rythmer ses phrases.
Bon pour la peine, je vous traduis également son anagramme : mia, rendu célèbre par le groupe IAM et son "je danse le mia". Faire le mia, c'est faire le beau. Tellement Marseillais que ça coule de source !
Le dico 51 est un rendez-vous hebdomadaire jusqu'à l'inauguration de Marseille 2013 dans 34 semaines (précédemment : aller au ballon, un jaune, gadji / gadjo, gâtés, minot, Caramantran, dégun, tarpin, faire des gouttes, esquiché, galine, faire des gâches, pacoulin, payot, esbrouffe, cafi).
PS : un grand merci pour toutes vos réactions que j'attends et lis avec beaucoup de plaisir, tendresse, rire.

15.05.12
Densité de population
Un peu de retard pour le dico 51, décidément je ne fais pas preuve de sérieux.
Cette fois-ci, mon excuse est un manque de photo. Il n'est pas toujours évident de trouver un visuel pour illustrer le parler marseillais.
J'avais pour idée de photographier des lauriers fleurs cafi de pucerons (c'est dégoûtant, vous ne râtez rien finalement). Mais cette saison, aucun puceron en vue, non pas que la bestiole ait fait grève de la faim, c'est tout simplement parce que le jardinier a ratiboisé les arbustes l'an passé et que le gel a fini de les couper dans leur élan de repousse.
Je tiens à rassurer les amis des bestioles (on compte déjà une amie des doriphores, j'ai de sacrées relations sur le net) les pucerons se sont tournés vers d'autres casse-croûtes : les fraisiers !
Bon et dans tout ça, cafi, ça veut dire quoi ? et bien une plante qui est cafi de pucerons, elle en est pleine, recouverte par grappes de ces petits parasites. Ce mot n'est pas réservé aux pucerons, un pique-nique dans la garrigue et vous risquez de voir vos sandwiches cafi de fourmis. Un ado peut aussi être cafi de boutons, la rue St Fé un jour de soldes est cafi.
Drôle de mot n'est-ce pas ? bon ma photo n'illustre pas vraiment, mais je peux vous affirmer que ce jour-là je me suis retrouvée les doigts cafi d'épines avec une figue de Barbarie.
Le dico 51 est un rendez-vous hebdomadaire jusqu'à l'inauguration de Marseille 2013 dans 35 semaines (précédemment : aller au ballon, un jaune, gadji / gadjo, gâtés, minot, Caramantran, dégun, tarpin, faire des gouttes, esquiché, galine, faire des gâches, pacoulin, payot, esbrouffe).

02.05.12
Beau parleur
Si les murs ont des oreilles, ici ils ont aussi des grandes gueules.
Vantardise, fanfaronnade, bluff ... un trait qui colle à la peau des Marseillais et se résume sous le mot "esbrouffe".
Alors mythe ou réalité, il vous faudra venir pour le constater. Que d'la gueule ! vous me le dites si vous venez, promis ?
Le dico 51 est un rendez-vous hebdomadaire jusqu'à l'inauguration de Marseille 2013 dans 37 semaines (précédemment : aller au ballon, un jaune, gadji / gadjo, gâtés, minot, Caramantran, dégun, tarpin, faire des gouttes, esquiché, galine, faire des gâches, pacoulin, payot).

27.04.12
Un air de campagne
Terroir 13 du 1er au 3 juin 2012 à l'Hôtel du département
15 jours sans passer par ici, mais j'étais en campagne. Loin de la ville, avec mon chapeau de paille.
Et le dico 51 dans l'affaire ? et bien deux mots de retard.
Le Marseillais coincé entre calanques et garrigues a quand même un profil de citadin. Et qui y a t-il à l'opposé des urbains ? les pacoulins. La pacoule c'est la campagne (rien à voir avec la zone commerciale Plan de Campagne, ne dites jamais Plan de Pacoule, ce serait aussi ridicule que de demander un Mc Poulet chez Ronald).
Les pacoulins sont donc les ruraux, les paysans limite rustres comme Hugolin. Rappelons que le Phocéen exagère donc on joue à fond l'image du campagnard, mot jusque là oublié dans mon quotidien mais entendus maintes fois ici. (prononcé campagnnnnard).
Et comme je vous dois un second mot, ce sera toujours un mot digne de l'amour est dans le pré, sauf qu'il s'agit d'un amour vache : le payot. C'est plutôt insultant, être un payot, c'est être tout sauf tendance, et si en prime on vous dit que vous êtes habillés comme un payot, donnez vos fringues à un épouvantail.
Le dico 51 est un rendez-vous hebdomadaire jusqu'à l'inauguration de Marseille 2013 dans 38 semaines (précédemment : aller au ballon, un jaune, gadji / gadjo, gâtés, minot, Caramantran, dégun, tarpin, faire des gouttes, esquiché, galine, faire des gâches).

11.04.12
Du black
Si les Marseillais sont taxés d'être des feignasses à siroter leur jaune et à parler ballon, il arrive que certains travaillent.
Mais pas trop car obtenir un CDI à temps complet c'est presque décrocher la Lune quand on a goûté aux joies de la recherche d'emploi.
Alors il reste les CDD à temps partiel. Youhou la misère au soleil !
Du temps libre et hop l'occasion pour le Phocéen de faire des gâches : ces petits boulots au noir.
Le plus fort c'est que cette économie grise est presque admise.
Le dico 51 est un rendez-vous hebdomadaire jusqu'à l'inauguration de Marseille 2013 dans 40 semaines (précédemment : aller au ballon, un jaune, gadji / gadjo, gâtés, minot, Caramantran, dégun, tarpin, faire des gouttes, esquiché, galine).

05.04.12
Viens Poupoule
Quoi de neuf à Marseille ? on prépare la chasse aux oeufs à défaut d'être partis comme les cloches à Rome.
Et en bon citadins on se tourne vers le poulailler le plus inattendu de la ville : le parc du 26 ème centenaire.
Rendez-vous pris avec des coqs qui fanfaronnent, des galines qui jouent les cocottes devant leurs beaux et sont de vraies mères poules avec leurs poussins.
Nul doute qu'il y aura bien quelques oeufs en chocolat. Joyeuses Pâques !
Le dico 51 est un rendez-vous hebdomadaire jusqu'à l'inauguration de Marseille 2013 dans 41 semaines (précédemment : aller au ballon, un jaune, gadji / gadjo, gâtés, minot, Caramantran, dégun, tarpin, faire des gouttes, esquiché).

30.03.12
Collé-serré
Entrer en force comme une Sardine ou la Sarline qui a bouché le Vieux-Port
A l'heure de pointe dans le métro, on reconnaît le manque de débrouillardise des Marseillais.
Un peu en panique, les usagers qui veulent sortir doivent se faufiler devant ceux qui bloquent le passage mais n'ont pas idée de descendre sur le quai et reprendre leur place. Non ils restent les pieds englués au sol (lino vintage comme le métro d'ailleurs, retour dans les années 70-80's) , bougeront pas ! et les voyageurs qui espèrent trouver place assise alors que d'autres sont déjà debouts depuis belle lurette foncent dans la mêlée, donnant un coup d'épaule aux malheureux qui ont réussi à se frayer un chemin vers la sortie.
Tout ce beau monde soupire, peste, scande "on est plein, y a plus de place, on est déjà esquiché". En réalité, ils ne sont pas tant serrés, on peut encore caser du monde, à croire que les Sudistes ne sont pas si tactiles et fans de corps à corps. Une connaissance des règles de bon sens courtoisie et une bonne organisation optimiseraient et apaiseraient les trajets, mais cela ne serait pas assez folklorique.
La régie des transports marseillais offre donc (hampf, le ticket est assez cher) un spectacle qui fait bien rire les Parisiens professionnels du "serrés commes des anchois".
A Marseille, la vedette c'est la Sardine, alors on est esquiché comme des sardines.
Si vous venez ici, vous pourrez tester le métro mais également la navette maritime de la RTM qui relie le Vieux-Port à la Pointe Rouge, attention, premier arrivé, premier servi. C'est la loi de la nature, sinon il reste la nage, et ce n'est pas un poisson d'Avril !
Le dico 51 est un rendez-vous hebdomadaire jusqu'à l'inauguration de Marseille 2013 dans 42 semaines (précédemment : aller au ballon, un jaune, gadji / gadjo, gâtés, minot, Caramantran, dégun, tarpin, faire des gouttes).

21.03.12
Plic ploc
Fontaines du Parc Borély - Avenue du Prado - 13008 Marseille
Sur fond de forum mondial de l'eau, l'expression de la semaine a un rapport avec cet or bleu.
L'eau qui tombe du ciel, on l'attend parfois longtemps.
Les marchands de parapluie ont fait faillite et lors des journées de déluge (même les nuages exagèrent !) on découvre des habitants trempés comme des soupes, à croire que cela ne fait pas partie de l'équipement de base.
Une écharpe de l'OM : oui ; un parapluie : non.
Mais il arrive aussi que les nuages soient farceurs et plaisantent avec quelques gouttes, si peu que parfois on sort avec un pépin et une fois arrivé dans un autre quartier de la ville, il ne sert plus qu'à passer pour un uluberlu. C'est ainsi que l'on se justifie d'un "il faisait des gouttes quand je suis parti(e)".
Comme le verbe pleuvoir, faire des gouttes se conjugue à la troisième personne du singulier seulement et avec l'auxiliaire avoir.
Il est possible que l'expression se soit déplacée avec le mistral dans votre région mais dans la famille du Mec, on dit "il fait du grain". Et chez vous ?
Le dico 51 est un rendez-vous hebdomadaire jusqu'à l'inauguration de Marseille 2013 dans 43 semaines (précédemment : aller au ballon, un jaune, gadji / gadjo, gâtés, minot, Caramantran, dégun, tarpin).

14.03.12
Vachement beaucoup
Je t'aime ... un peu, tarpin, à la folie, passionément, pas du tout
Ah ah le titre qui tue et vous rappelle forcément le C'est toi que je t'aime des Inconnus. Et bien justement, le mot de la semaine est totalement old school.
Répandu dans les années 80 puis tombé aux oubliettes, l'adverbe marseillais tarpin revient en force depuis quelques années. Les locaux peuvent attester que ça fait plouc de l'employer mais les jeunes phocéens l'adorent.
C'est tarpin bien. Il est tarpin beau. Y a tarpin du monde.
Tarpin signifie trop, beaucoup. En plus d'éxagérer on a un mot pour enfoncer le clou.
Le dico 51 est un rendez-vous hebdomadaire jusqu'à l'inauguration de Marseille 2013 dans 44 semaines (précédemment : aller au ballon, un jaune, gadji / gadjo, gâtés, minot, Caramantran, dégun).

07.03.12
Une ville finit par être une personne*
Le roi de la jungle urbaine ne craint dégun
*Ca c'est Victor Hugo qui le dit.
Moi ce que j'en dis c'est que Marseille est une pièce de théâtre et selon les jours on passe de la comédie pagnolesque à la tragédie phocéenne.
Les protagonistes ont dans le sang cette facilité à jouer l'esbrouffe, à s'inventer un monde, à tricher, à mentir, à exagérer, à décupler leurs émotions, et forcément ils ont dans leurs tirades de sacrées perles et un "parler" à eux.
Et dans cette galéjade (= façon de voir les choses de manière exagérée), on peut dire que les Marseillais sont au-dessus des autres. La preuve, ils ne craignent dégun. Dé-gun ? oh non pas de kalachnikov dans le scénario, mais dégun, c'est-à-dire "personne". Et oui, fiers et sûrs d'eux les Marseillais ne craignent personne.
2600 ans d'histoire pour en arriver à clamer haut et bien fort qu'on ne craint personne.
Pour les moins téméraires dégun sert uniquement à indiquer qu'il n'y a pas un chat, pas foule, personne : "Y a dégun !"
En tout cas, je vous assure que le mot "dégun" est un véritable traceur, et tôt ou tard les Marseillais se font repérer en l'utilisant dans d'autres contrées, à Paris par exemple car les Marseillais aiment la capitale mais ils ont les choquottes de le dire.
Craignent dégun mais chez eux.
Le dico 51 est un rendez-vous hebdomadaire jusqu'à l'inauguration de Marseille 2013 dans 45 semaines (précédemment : aller au ballon, un jaune, gadji / gadjo, gâtés, minot, Caramantran).












