Une note blanche

Une note blanche au fil de mes découvertes. Une façon de noter noir sur blanc mes coups de coeur. De la déco, du design, de l'art ... et un tas de futilités !

06.10.10

Sang froid

damien_hirst_cornucopia_temple

Il était temps ! depuis plusieurs semaines, nous devions caser un passage sur le Rocher ...

Ah le Rocher, des boutiques de luxe, le yatch show (vous pensez bien que ce n'est pas ce rendez-vous là qui nous motivait), le manège des grues, à croire qu'il y a encore des mètres carrés à bétonner, un peu comme dans Tétris, faut tout boucher même si c'est laid, l'essentiel c'est de se la péter avec un code postal, les touristes agglutinés devant les marchands de souvenirs ... rien, mais alors rien ne me plaît à Monaco.

Mais alors pourquoi y aller ? tout simplement pour voir l'expo-rétrospective Cornucopia (= corne d'abondance) de Damien Hirst : l'anglais qui coupe des moutons pour les mettre dans du formol, le même qui depuis a réalisé le crâne recouvert de mouches.

Les oeuvres étaient exposées dans le musée océanographique (une première pour nous, pas fans d'animaux prisonniers des regards curieux). 13 € l'entrée, prix identique à l'entrée en temps normal, l'expo en bonus. Et là, le public se divise très vite : les visiteurs venus pour les aquariums qui tracent leur chemin, et à l'inverse les rares personnes (majoritairement des touristes asiatiaques qui ne perdent pas une miette de l'expo). Au programme 63 oeuvres : requins, tableaux, sculptures, cabinets de curiosités ... qui trouvent écho dans les galeries du musée.

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Trois scultpures sont visibles gratuitement, un buste écorché (Temple, 2008)

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et une licorne (Myth, 2010) sur le parvis du musée,

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et une femme enceinte (The virgin mother, 2005-2006) sur le musoir de la digue de Fontvieille. L'attraction touristique reste cependant la photo souvenir devant l'écorché, et les dames ne se font pas prier pour toucher les attributs masculins (certains pensent encore que la taille ne compte pas ?).

A peine avons nous mis un pied dans le musée, une colombe tenant un brin d'olivier (After the flood, 2008) nous fait front dans son caisson vitré de solution bleutée. (c'est la vitrine que l'on voit derrière les agents d'accueil, sur la photo de la licorne). D'immenses toiles avec des formes géométriques (Xenopsin, 1999 et Erbium Oxide, 2009) occupent deux murs. Je sors alors mon appareil photo et "Pas de photos des oeuvres Madame".

o_O

Mauvaise nouvelle, les photos sont autorisées, sauf si on photographie les oeuvres de l'artiste. OK. Je demande alors à un surveillant s'il y a à la boutique un catalogue de l'expo. L'homme réjoui que quelqu'un lui adresse la parole (car oui, ce sont des êtres humains, pas des robots qui hurlent "no flash", "no photo" ) m'indique alors que je trouverais tout à la boutique.

Me voila légèrement frustrée car je crains (à juste titre) que le catalogue regorge d'images sur fond blanc, sans rapport d'échelle ...

La visite se poursuit, avec un requin (The immortal, 1997-2005) (toujours dans du silicone et du formaldéhyde), mouais pas si impressionnants, puis d'immenses tableaux représentant des silhouettes de papillons (Papillio Ulysses, 2008 et Cymathae Sangaris, 2008), silhouettes composées de papillons collés. Dans une autre salle, ce sont quatre vitrine dorée qui occupent les murs, chacune accueille sur des étagères des alignements de pierres précieuses (Sadness, Isolation, Empathy et Eternity, 2009-2010) aucun cartel, merci bien, débrouille toi sans. Au centre de cette pièce le fameux mouton découpé (Away from the flock, divided, 1995) est disposé dans deux caissons de résine. Mouais pas si effrayant. (non je ne vais pas au musée pour avoir peur, mais j'avais quelques réticences ... finalement un morceau de viande ou de poisson dans le frigo me répugne davantage).

Au premier étage, dans la salle centrale, un requin-marteau (Fear of flying, 2008-2009) est conservé dans du formol. Derrière lui   l'ange blanc (Anatomy of an angel, 2008), de face des parties décharnées, des viscères, de dos, elle semble si parfaite. Dans cet espace toujours, une vitrine de 9 mètres de long accueille des alignements de 3502 insectes (The forvigeness, 2008) : autant dire qu'entre une attaque de requin ou celle de tant d'insectes, on n'est mal !

Au milieu des "trucs que personne ne regardent" c'est-à-dire le niveau consacré aux maquettes, aux bocaux de formol (là, oui, les poissons devenus blancs sont plus répugnants ... mais perso, j'ai été scolarisée dans des établissements où animaux empaillés et bocaux de trucs abominables étaient légion, je me rappelle encore de l'année de 5ème où j'avais comme voisin de table un bocal contenant un taenia. En troisième on avait Oscar le vrai squelette et un écorché qui me terrorisait. Il va s'en dire que rien ne m'a motivé à poursuivre des études scientifiques) on retrouve quelques oeuvres de Damien Hirst. Encore des papillons mais cette fois-ci ils partagent la surface de tableaux aux dimensions plus modestes avec des épingles, des lames de rasoir. Puis deux ballons de plage, l'un coloré, l'autre blanc qui font bien d'être en lévitation, surtout l'un deux qui feraient le régal des dizaines de lames de couteaux qui n'attendent qu'une coupure d'électricité pour le percer (Loving in a world of desire, 1996 et History of pain, 1999) : un jeu pour se souvenir que "ce qui s'élève, redescendra" .

Dans la cage d'escalier, deux gigantesques tableaux très colorés mettent en écho deux figures (Spin paintings, 2007): un crâne et un papillon. Dans cet espace, une sculpture en argent plaqué or prend place : il s'agit de Saint Barthélémy (2008) en taille réelle qui est en train de se dévêtir de sa peau ... on retrouve quelques instruments chirurgicaux, un rappel de la vitrine Still (1994) contenant des instruments chirugicaux.

Et enfin, sur la terrasse, on peut voir un torse écorché géant (Hymn, 2000) et une représentation des couches de l'épiderme (Sensation, 2003).

Bon, une fois la visite terminée direction la boutique et là, la déception suprême. Pas de catalogue d'expo, et on me regarde presque comme une extra-terrestre quand je pose ma question, à croire que ce n'est pas dans la culture de la maison de s'intéresser aux oeuvres. Je m'acquitte néanmoins de 4 € pour une malheureuse brochure ne reprenant même pas un quart des oeuvres exposées, 14 photos dont 10 sur fond blanc. Dès lors, mes derniers espoirs se portent sur les cartes postales (gloups 2,50 € l'unité, tu m'étonnes qu'il ne souhaite pas qu'on photographie ses oeuvres !) deux modèles différents o_O est-ce une farce ? Google restera donc la meilleure source d'images. Navrant !

Une vidéo pour faire comme si vous y étiez : ici.

Délestés de 12,40 € de parking nous sommes repartis (pour info, au-dela de 5 heures, le parking revient à 13 €, et la première heure est gratuite, cela laisse le temps de regarder le musée de l'extérieur, visiter l'église, déambuler au jardin exotique (le gratuit), regarder la relève de la garde et quitter les lieux).

Demain je vous montre quelques poissons et je peux vous garantir que sous l'eau y a de sacrées horreurs.

PS : l'enchaînement d'expos sur "interroger le vivant", axées sur le morbide cette année est fortuit, je suis pas une psychopathe ... bon par contre je passe mon tour sur le gnan-gnan Monet (chacun ses préférences, mais je snobe les impressionnistes).   

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Commentaires

  • Merci pour la visite!!!! Belle journée à toi!

    Posté par LeJournaldeChrys, 06.10.10 à 08:04
  • Merci pour les photos... Intéressant... C'est rigolo "et les dames ne se font pas prier pour toucher les attributs masculins" : L'anecdote me fait penser à ces idoles qu'on caresse pour porter bonheur (dans le métro à moscou, sur des églises, le pied de saint Pierre à Rome...)
    Bonne journée à toi !!

    Posté par Josefine, 06.10.10 à 08:24
  • j'adore balader avec toi... cette femme enceinte qui scrute la mer est ravissante !

    Posté par Virginie B, 06.10.10 à 08:53
  • ouaou quel compte-rendu!
    j'aurais vraiment aimé voir cette expo j'espère qu'elle passera par Paris (à moins que ce ne soit déja fait alors raté!)
    Merci d'avoir mis des liens vers les photos ça donne vraiment envie!

    Posté par Eve.G, 06.10.10 à 09:21
  • Ca fait peur, de bon matin!!!

    Posté par LMO, 06.10.10 à 09:33
  • Donc au final... tu regrettes plus l'environnement de l'expo ou les oeuvres elles-même ?

    Posté par Julay, 06.10.10 à 15:55
  • Julay : le choix des oeuvres et la conversation avec le lieu fonctionnent du tonnerre, mais je regrette juste qu'on n'ait pas le droit de photographier les oeuvres dans ce bel écrin.
    Le contenu de la plaquette de présentation de l'expo est un peu léger à mon goût.

    Posté par heidi, 06.10.10 à 16:32
  • à priori je ne suis pas fan( mon homme pour contre, apprécierait)
    mais tu racontes si bien, cette visite que si j'aurais rien à faire, je me déplacerais volontiers (surtout pour la femme enceinte dans le port, celle qu'attire touts mes regards dans cette expo)

    Posté par Maria, 06.10.10 à 17:27
  • j'avais vu in massilia l'expo sur les écorchés vifs... c'était vraiment pas mal mais là j'ai l'impression que cette expo était plus artistique car plus diversifiée.
    comme je n'irai pas à monaco, merci pour cette visite virtuelle.

    Posté par charles, 07.10.10 à 11:06
  • Aaaaaaaaah! Je t'envie tout de meme d'avoir vu cette retrospective!

    Posté par Chocoralie, 08.10.10 à 01:27

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